ASSOCIATION DES ANCIENS ELEVES DE L'IRA DE NANTES - Suggestions de lecture
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Violences et stress,
révélateurs et enjeux des relations de travail
 
La montée des incivilités préoccupe les agents des services publics et rend leur tâche plus difficile encore. Les limites des solutions mises en œuvre tablent toutes, à des degrés divers, sur l’encadrement, pédagogique ou non, des publics considérés comme difficiles. Francis Ginsbourger, économiste du travail et chercheur associé à l’École des Mines, constate les limites de ces politiques et aborde la question sous un autre angle. Procédant par études de cas, il met en avant les effets secondaires conflictuels des réorganisations du travail des agents. Son hypothèse, très argumentée, est que « les violences dans les services publics ne sont pas un à-côté, un dysfonctionnement, mais, à bien des égards, un révélateur de leur fonctionnement autocentré. » Cette approche le conduit à souligner la faible prise en compte de l’expertise de terrain, du métier, dans les évolutions organisationnelles. Cette étude a donc le mérite d’inciter à réfléchir aux meilleures voies de modernisation, en rompant avec la gestion des points aveugles (comme les incivilités) par un psychologisme aussi naïf que stérile. C’est avec ce même psychologisme que veulent rompre les auteurs d’Au-delà du stress au travail, un ensemble de contributions centrées elles aussi sur les services publics. Leur propos est de décrire et d’analyser non pas les situations de stress ou celles qui le génèrent, mais les usages sociaux de la notion (et de la réalité) de stress. Ils montrent par exemple que, dans certains milieux professionnels, le stress est fortement valorisé par ceux-là même qui le subissent… Leur ouvrage, qui se garde bien de conclure, est riche d’éclairages nourris d’exemples précis, comme la gestion du stress induit par les « accidents voyageurs » à la RATP. Il fournit ainsi de nombreuses pistes de réflexion.
 
-Des services publics face aux violences, Francis Ginsbourger, édition Anact, avril 2008, 144 p., 18 euros.
 
- Au-delà du stress au travail, sous la direction de Marie Buscatto, Marc Loriol et Jean-Marc Weller,édition érès, janvier 2008, 288 p., 18 euros.
 
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Sur la rémunération à la performance : Service public n° 138 de septembre-octobre 2008
 
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MODERNISATION DE L'ETAT
 
 
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CRITIQUE DE LA RATIONALITÉ ADMINISTRATIVE
Pour une pensée de l'accueil
Arnaud Sabatier
Préface de Robert Fraisse ; postface de Jean-Yves Mondon
Des Hauts et Débats
PHILOSOPHIEPOLITIQUE

A côté du travail des sciences sociales, une critique philosophique de la rationalité administrative s'impose car administrer, ce n'est pas seulement gérer le monde, c'est le nier et le perdre. On numérise, régule, programme, on informe, on fait la chasse à l'incertitude, on traque la contingence. En démantelant le dispositif administratif, l'auteur tente de dégager les éléments d'une pensée de l'accueil : prendre soin des choses, partager le monde, donner la parole, protéger le possible.
On réforme et révise beaucoup, on modernise (école, santé, justice…). Cela revient à une entreprise généralisée d'administration qui consiste à soumettre les savoirs et les projets à une logique comptable, à subordonner la pensée au calcul et au résultat. Ancien et souvent dénoncé, le processus néanmoins, n'a aujourd'hui plus rien de la bêtise bureaucratique des ronds-de-cuir ou de la rigidité froide des planificateurs, il a gagné en performance, en high-technicité, il sait être attractif et participatif.
À côté du travail des sciences sociales, une critique philosophique de la rationalité administrative s'impose alors car, administrer, ce n'est plus seulement gérer le monde, c'est le nier et le perdre. Moins encore que sa forme, mais plus que sa déformation, l'administration est la formule du monde, son chiffre, son format. On numérise et régule et programme, on informe et, rêvant le monde comme un tableau à double entrée, on fait la chasse à l'incertitude, on traque la contingence. Or, on ne joue pas avec le possible sans mettre en péril l'essentiel, car c'est dans cette fissure du nécessaire, dans ce silence des causes que l'on agit et désire, c'est là que l'on invente et commence, refusant les faux décrets du destin − le temps d'une histoire.
Tout en démontant ce dispositif administratif, l'auteur tente de dégager les éléments d'une pensée de l'accueil qui soit aussi une éthique du futur et une politique du divers. Naïvement, peut-être, et simplement, il propose des « exercices de vie » : prendre soin des choses et partager le monde, considérer notre finitude, ménager le sens et donner la parole, en un mot, protéger la fragile possibilité du possible.


ISBN : 978-2-296-12980-1 • novembre 2010 • 234 pages
Editions de l'Harmattan - 21,50 €
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